La République a déployé ses fastes hier pour rendre hommage à nos soldats tombés en Afghanistan. Cérémonie grandiose, démesurément grandiose. Le protocole a toujours servi dans toutes les sociétés à cacher au peuple les réalités et l'incurie des gouvernants.
Il est normal de partager la douleur des familles, de les soutenir dans l'épreuve. Hier il fallait surtout pleurer dans les chaumières et cacher un désastre politique.
Un soldat a vocation a servir son pays, à défendre une cause juste, non à servir de chair à canon pour des missions relevant de la bêtise, l'incompétence et pour satisfaire un Occident blessé dans son ego. Près de soixante soldats français morts pour rien sous le drapeau dérisoire de la lutte contre le fanatisme musulman.
Dans le monde contemporain deux situations de conflits se présentent pouvant faire intervenir une action internationale.
Premièrement l'oppression d'un peuple par un dictateur. Dans sa révolte la société civile demande souvent l'appui de puissances étrangères pour la soutenir. Une coalition internationale peut alors, au nom des valeurs de liberté et de défense des droits de l'Homme, se porter au secours d'un peuple en danger et l'aider militairement à renverser la dictature en place. Ce fut le cas contre Hitler et plus récemment contre Khadafi. La France et son armée ont alors des motifs d'intervention qui les honorent et justifient d'éventuelles pertes humaines pour défendre des valeurs universelles.
Deuxièmement la soumission d'un peuple à un fanatisme idéologique qui l'enferme dans un étau de soumission et d'obscurantisme. Comme en Afghanistan, le fanatisme musulman est la première force actuelle de répression et de régression à la surface de la planète.
Cette dernière situation a besoin d'un terreau fertile pour perdurer. Elle associe systématiquement le sous-développement économique donc la misère humaine à des sociétés sous développées culturellement, archaïques et d'origine agraire. La guerre contre l'Occident impérialiste au nom d'Allah devient alors l'idéologie idéale pour galvaniser des peuples au quotidien douloureux. La plupart des religions ont été utilisées par des pouvoirs répressifs pour justifier leur suprématie et empêcher le soulèvement des peuples. L'espoir du Paradis contre l'enfer du quotidien. En Occident l'inquisition a eu aussi son heure de gloire...
Dans ce cas l'envoi de forces armées ne peut conduire qu'au désastre. Il justifie le discours de combat contre l'envahisseur, la défense d'une religion en danger et autres poncifs.
Le combat des Lumières contre l'obscurantisme ne se gagne pas au canon
La seule méthode pour faire disparaitre ces forces immobilistes et réactionnaires d'un autre âge est le développement économique. Plan international de soutien au développement des infrastructures, délocalisation d'entreprises pour développer l'emploi et accroitre le niveau de vie sont les seules bonnes méthodes pour venir à bout du fanatisme religieux. La croissance a toujours été le principal moteur du développement des libertés. Cela demande de remplacer son orgueil par de l'intelligence.
Voilà pourquoi notre guignol national, Sarko, devrait avoir honte de sa politique stupide et à courte vue au lieu de se valoriser dans des cérémonies dont le faste cache sa dérisoire vanité. Il ne suffisait pas de remettre à des morts la Légion d'Honneur. Il fallait dans le même temps l'enlever au boucher qui les a envoyés au casse-pipe pour rien.Il a beaucoup de sang sur les mains et devra en rendre compte en 2012.
Publié par marcolivier à 12:39:58 dans Philosophie politique et humanisme | Commentaires (0) | Permaliens
Burka, individualisme et mondialisation
Le dernier feuilleton médiatique en date sur la burka, suite à un fait divers, a toute les caractéristiques habituelles de l'information' moderne, survolant le problème sans jamais aborder les raisons de fond et donnant implicitement raison à l'individu contre l'oppression' sociale, pour le plus grand profit de l'extrême droite. Sans méconnaître ce qui relève d'un virage à droite calculé du gouvernement pour récupérer un électorat à la dérive, il est donc nécessaire de poser clairement les données du problème. Celui-ci peut s'analyser à trois niveaux :
- comportemental et idéologique,
- individuel et social,
- mondial.
Sur le plan comportemental, il est évident que la volonté de se cacher en plein jour relève de la pathologie pour une espèce animale diurne comme l'espèce humaine. De tels délires psychotiques se retrouvent dans toutes les idéologies religieuses ou non de l'humanité confirmant notre analyse d'espèce animale souffrant de graves troubles psychiatriques. De l'excision juive à l'inquisition chrétienne et ses bûchers en passant par les sacrifices humains incas, nombreuses sont les religions à justifier leurs délires au nom de leurs croyances' et d'un livre sacré'. Les mêmes caractéristiques se retrouvent dans les idéologies politiques par exemple : le petit livre rouge' justifia les camps maoïstes comme Mein Kampf, Auswitch. Chaque fois que l'Homme s'enferme dans une croyance, comportement récurrent et spécifique, il perd la raison et bascule dans un délire souvent sadomasochiste.
Sur le plan individuel cette affaire est le symbole de la prééminence de l'individualisme contemporain sur la cohésion sociale culturelle et identitaire. Dans notre société des droits de l'homme prônant la liberté individuelle et l'égalité de tous, la pratique de la religion musulmane, croyance relevant de la sphère privée, ne pose aucun problème. Le vrai motif du rejet, caché sous un discours pseudoégalitaire de défense des droits de la femme, est le refus affiché des immigrés non européens de s'intégrer à la culture du pays d'accueil. L'allure du mari de la jeune femme est à cet égard particulièrement provocante : habillement musulman, religion musulmane, polygamie possible. Qu'on le veuille ou non l'identité culturelle française, analysée par F.Braudel, dans un territoire de passage soumis à de nombreux mouvements migratoires, est fondamentalement celle de peuples blancs, de philosophie grecolatine et de religions judéochrétiennes, ces dernières repoussées dans la sphère privée par la philosophie des Lumières. La lente montée de l'individualisme actuel porte intrinsèquement la volonté affichée de reniement de tout cet héritage historique et de la pression culturelle qu'il a toujours exercé sur les citoyens, donc de toute autorité morale extrinsèque à l'individu et consécutivement de toute valeur éthique ou morale. Nous avons choisi la suppression de toute règle éthique, de toute autorité et de toute coutume sociale pour laisser libre court à la liberté individuelle' (ou à la connerie) et à la satisfaction de tous les désirs avec égoîsme et désinvolture. Rappelons-nous les slogans populaires et immatures de 68 il est interdit d'interdire, tout est autorisé' et le soutien des milieux intellectuels des philosophes de la liberté' comme Sartre. Elle doit en assumer les conséquences. Que répondre à l'intégriste musulman qui estime que la burka vaut bien les appels au viol des strings et autres slips bien en évidence au dessus de pantalons informes ? Que lui répondre pour rejeter sa possible polygamie affichée quand notre société basée historiquement sur le mariage pour des raisons religieuses et d'intérêt a toujours admis les liaisons extraconjugales à condition qu'elles fussent dissimulées ? Le jour où des renonçants hindous s'installeront nus sur nos trottoirs, nul doute qu'ils obtiendront raison devant les tribunaux au nom de la liberté de croyance' à moins que ce ne soient des papous couverts de quelques plumes...
Cette société individualiste ne repose sans doute pas sur une plus grande tolérance des citoyens les uns pour les autres mais plutôt sur l'association d'une totale indifférence et d'un égoïsme bien compris appuyé sur le principe chrétien du ne fait pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse'.
Sur le plan international enfin, cette suprématie de l'individu s'inscrit logiquement avec l'apparition de la notion de citoyen du monde' (Diogène de Sinope) dans le cadre de la mondialisation et pour le plus grand profit du système économique libéral mondialisé. Il s'agit de renier définitivement toute attache locale pour instaurer au niveau planétaire une société multiethnique et multiculturelle où les notions de nation, de culture et d'identité seront remplacées par des communautés de pensée et de culture se côtoyant les unes les autres sur le principe des USA dans le plus libre et le meilleur des mondes évidemment. La récente provocation d'un photographe montrant un homme s'essuyant le cul avec le drapeau français ne fait qu'illustrer une réalité dont Mme Alliot-Marie n'a pas conscience (ou ne veut pas voir) : la France n'existe plus. Insolemment ce sont les tenants musulmans de la tradition, du refus de l'assimilation, du respect des identités qui utilisent l'idéologie occidentale pour imposer leurs vues au sein d'un Occident qu'ils méprisent !
Cela dit leur combat a chez eux des justifications compréhensibles que l'Occident a répudié puis oublié pour d'autres mirages : le maintien d'une identité et d'une culture, la volonté de transmettre un héritage, de s'opposer à la noyade planétaire dans un américanisme totalitaire. Au we are the world' d'un Michael Jackson ils opposent un nous sommes nous-même' qui rejette la disparition de leur culture par la civilisation du jean-anglais-rock conquérante et dévastatrice. Quand on connaît la richesse et la diversité des cultures humaines sur tous les continents on ne peut que les comprendre...
En définitive l'analyse du rejet de la burka par une partie de la société française fière de ses attaches remet en perspective ce fait divers dans l'évolution historique sociologique de l'Occident, son abandon à la suprématie de l'ego individuel, son refus de défendre son héritage culturel et ses valeurs au nom d'un libre arbitre irresponsable et asocial d'enfant gâté.
Publié par marcolivier à 13:36:29 dans Philosophie politique et humanisme | Commentaires (0) | Permaliens
Ecologie et politique
Le débat politique ces dernières années a vu s'installer une nouvelle idéologie soutenue par des partis d'extrême gauche essentiellement, l'écologie. Derrière ce terme brandi comme un étendard pour cacher en réalité un refus de la société capitaliste et libérale se cache un concept fondamental pour l'avenir de l'humanité, de la biosphère et de la planète.
En tant que biologiste je souhaite rappeler ici rapidement et succinctement les fondements de la notion d'écologie.
Toute la biosphère est basée sur la notion d'intégration permanente et à tous les niveaux de l'Evolution des différents Embranchements microbiologiques, végétaux et animaux dans un univers dominé par la pression de sélection et l'aléatoire (le hasard et la nécessité' de J. Monod). Dans cette course à l'adaptation et à l'invention de nouvelles potentialités de développement, toute nouveauté, tout être vivant ne survit que s'il se soumet à l'équilibre instable et évolutif mais autorégulé localement des différents êtres vivants présents.
La notion d'écologie repose donc sur cinq fondamentaux : équilibre, évolution, intégration, recyclage et proximité.
Oser parler d'écologie sans s'appuyer sur ces notions relève soit de l'incompétence soit de la mauvaise foi politicomédiatique traditionnelle. L'écologie n'est ni de gauche ni de droite : elle relève du savoir et de la raison dans une société qui depuis longtemps a perdu le bon sens et la notion de sagesse.
Grâce à la réflexion et à la recherche, l'humanité a accumulé un savoir qui lui permet de construire un monde artificiel lui offrant sécurité et aisance matérielle tout en satisfaisant son choix de consommation et de réaliser tous ses désirs dans une vision de l'homme où celui-ci est réduit à la notion d'enfant consommateur irresponsable.
C'est la première fois dans l'histoire de la Vie qu'une espèce a acquis un niveau intellectuel et une connaissance lui donnant la capacité non seulement d'inventer un univers artificiel entièrement extra biologique (urbanisme...) mais aussi le potentiel pour l'imposer à la planète avec le risque de détruire totalement le processus vital (sauf à enfermer ce dernier dans des parcs naturels' de préservation) sans parler des possibilités scientifiques de modification des règles génétiques du vivant. Est- il nécessaire de rappeler ici qu'on estime actuellement à 25% le pourcentage d'espèces naturelles disparues du fait de l'activité humaine au XXème siècle ?
Pour ma part je veux redire ici ma conviction inébranlable que rien, pas même l'espèce humaine, ne pourra jamais atteindre la richesse, le potentiel de diversification et la beauté de la vie et de la biosphère. Sans être biologiste il suffit d'une promenade un peu attentive le Dimanche dans la nature pour s'en convaincre rapidement.
Faire de l'écologie un motif de combat politique implique donc de remettre en cause les fondamentaux de la société moderne :
- l'humanité est passée d'1 milliard d'habitants au début du XXème siècle à 6,5 milliards actuellement avec à l'horizon 2050 le spectre de 9 milliards. Quel parti dira casse-cou et surtout remettra en cause l'intérêt d'une telle évolution qui transforme l'espèce humaine en fourmilière géante? Sans rentrer ici en détail sur les conséquences inéluctables de cette prolifération démentielle (surpâture, enfermement sécuritaire, destruction des ressources...) cet aspect du problème est de toute évidence le plus important ;
- la société libérale mondialisée implique la désertification systématisée de territoires immenses de la planète pour des motifs économiques ou politiques et une immigration massive avec concentration de l'humanité dans des termitières urbaines géantes, énergétivores, inhumaines, totalement déconnectées de la biosphère mais porteuses de rêve et d'une vie matérielle à priori aisée. Cette évolution sépare un peu plus l'Homme de la nature sans lui offrir une réalité plus agréable et surtout abandonne la planète sans valorisation de ses ressources biologiques à l'exception des ressources forestières, minières ou pétrolières... La notion fondamentale d'intégration locale est totalement abandonnée sans parler des conséquences culturelles et identitaires catastrophiques de cette liquéfaction mondialisée ;
- le libéralisme mondialisé implique la course à la rentabilité la plus élevée pour une prolifération (la croissance') matérielle souvent inutile, non recyclable, à durée de vie volontairement limitée. Outre les conséquences écologiques catastrophiques de cette course à la consommation, le phénomène contingent des délocalisations est aussi écologiquement dramatique en termes de transport des matières premières et des produits manufacturés donc de consommation d'énergie et de réchauffement climatique (dégagement de CO2).
Derrière ces quelques exemples très succincts on s'aperçoit que la société libérale mondialisée a donc fait le choix de la quantité sur la qualité, de la déshumanisation et de la dégradation de la biosphère sur le développement local intégré, de la prolifération démographique et matérielle sur la satisfaction raisonnable des besoins, de la consommation sur l'enrichissement intérieur. Ce sont donc tous les fondamentaux de notre société (y compris dans le domaine affectif....) qui sont à remettre en cause si l'on veut parler d'écologie avec un minimum de sérieux.
Une telle prise de conscience signifie l'accession à un comportement adulte, tout le contraire de la société de consommation contemporaine qui repose fondamentalement sur l'enfermement de l'individu au stade de citoyen consommateur immature pour le plus grand profit des pouvoirs économiques et politicomédiatiques en place.
Le dilemme actuel est simple : la noyade planétaire dans la prolifération tous azimuts ou le retour au local, à l'équilibre, à l'intégration et au développement culturel et identitaire collectif et intérieur individuel.
Quel parti est prêt à relever ces défis avec un programme efficace?
Publié par marcolivier à 13:38:55 dans Philosophie politique et humanisme | Commentaires (0) | Permaliens
, Identité et mondialisation
Le débat sur l'identité française', dernier gadget gouvernemental pour hommes politiques en mal d'idées et d'électeurs, soulève cependant un vrai problème contemporain à replacer dans le phénomène global et planétaire de la mondialisation.
Qu'est-ce qu'une identité nationale ?
D'abord et avant tout le sentiment d'appartenir à une communauté unique, soudée par une culture et une identité communes. Ce sentiment de cohésion et d'union fourni par ces éléments est indispensable à l'équilibre des peuples comme des individus, source de repères, d'identification donc de stabilité.
Chaque société humaine possède une âme', une personnalité née de la fusion entre un terroir et un peuple, ses racines et son histoire. Malgré les échanges, les conflits, les extensions, cette cohésion sociale est d'autant plus forte qu'elle associe la proximité, voir l'isolement (Corse, Bretagne, Pays basque...). Longtemps cette fixation locale plus ou moins fermée fit associer logiquement race et identité culturelle. Avec l'histoire et l'augmentation des échanges cette particularité disparu pour ne laisser subsister que la culture au sens large.
Cette culture identitaire repose principalement sur une sédimentation historique des mœurs et des particularités de la vie quotidienne. H. Arendt a montré l'importance fondamentale dans la culture au sens large des coutumes, rites et traditions nées de ces supports. Tout voyageur est d'abord saisi par l'extériorité de cette identité que sont la langue, l'accueil, l'environnement architectural, l'habillement, la cuisine, les fêtes collectives : le sari indien, la baguette française, le fado portugais...
En outre chaque société repose sur un mode de relations sociales donc politique qui établie une hiérarchie entre ses membres, fixant à chacun sa place. La cohésion sociale naît de cet équilibre mouvant entre les citoyens et de leur volonté d'intégration et d'acceptation de ces codes sociaux, politiques et culturels.
Tout naturellement l'expression de ce fond social identitaire et social associé aux connaissances théoriques s'exprime dans une culture de rang supérieur, celle des arts, des croyances et de la pensée en général. Le plus souvent au service de la gloire des pouvoirs politiques et religieux en place, donc élitiste (palais, bâtiments religieux...) elle transcende l'existence par l'imagination et la sensibilité. Confucius ne pouvait être que chinois, J. S. Bach allemand, Proust français, Mahomet arabe... En définitive l'identité d'un peuple associe ces trois composantes culturelles que sont la vie quotidienne, la sociologie et la culture supérieure (connaissances et créativité).
Après avoir défini ce socle d'une identité citoyenne il est nécessaire de suivre son évolution historique.
Pour simplifier l'analyse, l'histoire de l'humanité fut jusqu'au XXème siècle celle des peuples, des nations et des empires malgré la mouvance permanente des frontières et la multiplicité des échanges économiques et culturels. Déjà ébauché sur les ruines de l'Empire romain, l'apparition du nationalisme en Europe avec centralisation du pouvoir politique se développa réellement dès la Renaissance pour s'affirmer sans cesse ensuite.
Durant cette période historique pré-contemporaine, associant populations sédentaires essentiellement rurales, imprégnation judéo-chrétienne quotidienne, pouvoir (noblesse) et société de proximité, l'héritage culturel et social européen comme national se faisait tout naturellement au sein d'une société stable et conservatrice braudelienne' dans laquelle la pression culturelle sociale dominait moralement les individus.
De cette période il faut retenir en Occident la première manifestation de vanité et de cupidité majeure avec les grands explorateurs en Asie et aux Amériques en particulier. Si ce phénomène est récurrent dans l'histoire de l'humanité (Mongols, Alexandre le Grand...), la supériorité technologique européenne lui donna une force et une importance majeures. A chaque fois une analyse au premier degré relève la triple association du développement commercial, de l'évangélisation et de l'instinct de domination responsables d'un comportement systématisé de soumission et si nécessaire de destruction des peuples envahis. Le Christ ne l'avait sans doute pas prévu...
Dans la foulée l'ère du colonialisme marqua, après la conquête dévastatrice de l'Ouest américain, la seconde volonté occidentale d'envahir, d'exploiter et d'imposer au monde entier notre culture, ses valeurs et ses religions judéo-chrétiennes. Elle précéda logiquement la troisième étape dite de la mondialisation.
Dès à présent il faut comprendre que la création des Etats-Unis après anéantissement des peuplades indiennes, puis le développement d'une société capitaliste pure d'immigration multiculturelle et multiethnique fut un essai de laboratoire' réussi de l'Europe dont le concept fut ensuite étendu à la planète entière sous le vocable de mondialisation. D'ailleurs tous les historiens savent que derrière les raisons vertueuses du plan Marshall, il y avait aussi des intérêts bien compris...
Cette mondialisation occidentale est ainsi le produit
- d'un support idéologique. Les trois constantes relevées ci-dessus ne sont en réalité que les signes extérieurs d'une religion associant la cupidité, la Raison et le culte anthropomorphique de la supériorité de l'individu. Seul ce dernier, porteur de la vérité peut construire un monde idéal au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, satisfaisant tous les désirs au nom du Christ et de la Raison.
- du libéralisme mondial avec son marché économique planétaire, sa politique de délocalisation systématisée des productions, ses migrations professionnelles imposées. Ce système n'a pas d'autre raison de vivre que le développement d'une société de consommation, satisfaisant la boulimie de chacun en vue du profit maximal. Il s'inscrit dans la continuité évolutive du capitalisme avec concentration progressive des entreprises en structures de plus en plus importantes associé à un éloignement lent du pouvoir passant des mains de petits patrons aux familles d'industriels puis aux financiers anonymes (fonds d'investissements...) dans le cadre d'une prise en main planétaire de l'économie par les marchés financiers. Pour ce pouvoir économique virtuel et tout puissant, la notion même d'enracinement, de nationalisme ou d'identité n'a aucun sens sinon en terme de marchés touristiques potentiels.
- du phénomène massif logiquement induit d'immigrations des pays pauvres vers les pays riches. Celles-ci avec un comportement colonialiste à rebours évident ont pour principales caractéristiques leur importance numérique et surtout un refus marqué d'intégrer l'identité du pays d'accueil en conservant les cultures d'origine. Cet envahissement entraîne ainsi inéluctablement la dissolution voir la disparition des identités culturelles locales. Un discours humaniste' de gauche essentiellement soutient ces mouvements migratoires et leur refus d'intégration au nom d'une compassion mêlant droit-de-l'hommisme, religiosité chrétienne sous-jacente et mauvaise conscience de nantis tandis que ceux-ci servent à remplir les emplois sous-payés de l'économie. Bien entendu les causes profondes de paupérisation des pays d'origine par exploitation des richesses et soutien bien compris (vente d'armes) des dictatures locales, ne sont jamais évoquées.
Il faut reconnaître que cette mondialisation a créé un espace historiquement unique de paix, de liberté et de prospérité en son sein.
En terme d'identité et de culture le résultat final est en revanche profondément négatif puisqu'elle a créé une soupe culturelle mondiale uniformisée reposant sur les valeurs, la langue et la culture américaine avec remplacement des spécificités nationales par un unique patchwork communautariste qui nie par définition toute volonté d'intégration donc toute identité nationale. Le black, blanc, beur' (et maintenant jaune) pour la culture dominante du jean, basket, coca' dans un environnement urbain uniformisé des fins fonds de la Mongolie jusqu'à New-York. Cette liquéfaction mondialisée' fait donc disparaître toute l'histoire culturelle de l'humanité et ses référentiels identitaires traditionnels dans tous les pays contaminés. En France F. Mitterrand fut sans doute le dernier président à défendre la langue française et une certaine idée de son pays.
A cette marée et cet anéantissement s'ajoute la pression permanente d'une idéologie individualiste et égalitariste qui dénie à toute société son héritage historique en plaçant l'individu au dessus de l'intégration. Elle est le produit d'une longue évolution de l'humanité occidentale vers l'abandon de tout référent social au profit de la primauté de l'individu abandonné à lui-même.
Nés en partie de la conjonction de la Raison et de la morale chrétienne, les droits de l'Homme' furent au XVIIIème siècle l'expression d'un besoin de sortir d'une société de classes inégalitaire et figée avant d'être un humanisme au service d'une réalisation de chaque citoyen dans une société supposée égalitaire, libre et fraternelle. Les hussards de la République étaient là pour transmettre la connaissance, éduquer chacun et élever le niveau général comme l'Eglise pour maintenir une éthique consensuelle.
Progressivement dans les années 60 au XXème siècle, cet humanisme de l'élévation, de la culture, assis sur un socle de valeurs ancestrales céda la place à un droit-de-l'hommisme revendicatif où seule compte la satisfaction immédiate de tous les désirs individuels, la volonté de se détacher de toute entrave sociale culturelle ou éthique sinon par réaction au système en place et refus d'intégration (communautarisme).
Au nom de la suprématie individuelle toute la richesse culturelle historique de l'humanité et sa prodigieuse diversité doivent disparaître pour qu'enfin chacun puisse être libre de toute attache et exprimer sa différence'. Non seulement la destruction de la société locale s'en trouve accélérée mais le résultat final ubuesque est la disparition de l'individu par mimétisme dans une société de masse communautarisée soumise au diktat du pouvoir économique à travers les modes, les médias et la publicité.
Il s'agit d'un véritable viol collectif où toutes les invectives, injures et procès sont permis comme dans tous les comportements idéologiques tandis qu'un discours politiquement correct sur la mixité, le métissage...est asséné quotidiennement par les grands prêtres de l'église médiatique. Discrimination positive, CV anonymes, législation normative avec définition de quotas, injures de sexisme', racisme', ségrégationnisme', xénophobie'...
Dans le cadre de la mondialisation, le refus idéologique de laisser chaque nation évoluer à son rythme dans un équilibre constant entre l'identité historique et la pression de l'évolution sociale a entraîné, comme pour toutes les idéologies, l'installation d'une société globale de la contrainte bureaucratique, règlementée à l'excès sous la pression d'un totalitarisme idéologique égalisateur et normatif.
Cette idéologie totalitaire persuadée de construire le meilleur des mondes' homogène et standardisé par la force si nécessaire au nom de la Raison oublie que l'Homme ne vit pas que de raison. La revendication identitaire, le besoin de référentiel, l'amour, la jalousie, la religion sont les expressions d'un monde affectif et psychologique (sans doute d'origine infantile) totalement opposé à celle-ci mais à l'origine des plus belles réalisations humaines. Est-il besoin de rappeler que tout au long de son histoire, la multiplicité, la diversité de cette production culturelle intellectuelle est sans aucun doute la seule vraie dimension supplémentaire apportée à la Vie par l'humanité ? Einstein a permis la bombe atomique et les centrales nucléaires mais sans croyances et affects l'humanité n'aurait rien créé de transcendant.
La création d'un monde multiculturel et multiethnique n'évoluera pas vers le choc des civilisations' mais à terme et avec les meilleurs intentions, cela dans tous les domaines (nature, société, humanité) vers un univers coercitif, homogène, destructeur et régressif pour une population humaine abandonnée à elle-même, massifiée et infantilisée (voir l'avis de Tocqueville sur la démocratie...) sans âme pour la plus grande gloire de la raison humaine, de la technoscience et des profits du pouvoir économique.
Accepter la mondialisation, c'était refuser l'histoire de l'humanité et la complexité humaine donc renier toute identité. Il est déjà trop tard...
Publié par marcolivier à 19:37:59 dans Philosophie politique et humanisme | Commentaires (1) | Permaliens
Rap et liberté
Une affaire de liberté d'expression vient de surgir sur le devant de la scène concernant une chanson d'un rappeur au texte sordide. Celle-ci a valu à l'interprète et créateur une interdiction de se produire aux Francofolies de La Rochelle. Bien entendu tous les tenants du politiquement correct' médiatiques et politiques (il ne faut pas embraser les banlieues) ont crié au loup, à l'atteinte à la liberté d'expression et autres niaiseries cathodiques.
Comme à l'habitude il s'agit de prendre du recul et d'analyser lucidement ce fait divers.
Qui n'a jamais traité son partenaire de salaud ou de salope en se faisant larguer ? La douleur humaine, avant de laisser place à la réflexion, utilise tous les moyens d'expression pour se faire entendre et s'apaiser. Rien de plus naturel même si cela dépasse parfois les limites de la politesse.
Mais ces réactions à l'emporte-pièce relèvent de la sphère privée et du superficiel en général. L'affaire en cause intéresse par contre le domaine public.
Le fait d'être derrière un micro, un piano ou un synthétiseur ne permet pas au nom de l'art de s'affranchir de toutes les règles qui régissent une société civilisée. Hitler aurait-il le droit de revenir et de proférer actuellement toutes ses idées sordides en se cachant derrière un micro et la défense de l'art ou de la liberté d'expression ?
Le rap, avant d'être un art ( ? Mozart, Piaf ou Brassens ont d'autres lettres de noblesse) est d'abord un moyen d'expression pour des classes défavorisées et sans culture, abandonnées à leur sort par la société contemporaine libérale. Mais comprendre ne signifie pas cautionner. Toute société ne peut vivre sans règles de respect entre ses membres. La notre a interdit le racisme, les comportements antireligieux, les propos insultants ou dégradants au nom de la tolérance et du droit à la différence. Le respect de l'autre, féminin ou masculin, fait aussi partie des valeurs de cohésion sociale. A l'heure où encore tant de femmes subissent des maltraitances, défendre ces notions de base d'une société civilisée relève de l'évidence.
Cette affaire s'inscrit à mon avis dans le cadre d'une société de l'individualisme exacerbé, où le socle éthique hérité de nos valeurs judéochrétiennes a disparu au profit de la toute puissance du moi et de l'indifférence aux autres. Comment ne pas arriver à ces dérives quand chacun arbore fièrement en public son slip ou son string, où le discours dominant sur l'amour se réduit au sexe et à considérer l'autre comme un mouchoir jetable après usage ? Loin de moi toute pudibonderie : faire l'amour (ou baiser'), comme boire ou manger est l'une des trois activités de base de tout être vivant animal (H. Laborit) et pas la plus désagréable...Mais c'est aussi le moyen d'expression des sentiments les plus nobles de l'Homme. Aucune valeur morale ne peut survivre quand le discours dominant rejette les notions de pudeur et de respect de l'autre comme de soi-même.
Enfin il convient de rappeler la différence entre un simple moyen d'expression et la notion d'art. Ce dernier, spécifiquement humain, relève d'abord de la transcendance. Il est l'expression la plus achevée de l'association entre culture et sensibilité, une production intellectuelle qui donne du réel une image virtuelle d'essence supérieure et sublimée.
Un être humain ne peut accéder au statut d'artiste que si son œuvre respecte ces critères du génie et si lui-même est à la hauteur de son œuvre. Dans le cas présent cette affaire sordide relève plutôt du ras des pâquerettes et déshonore une société prétendument civilisée.Publié par marcolivier à 13:33:06 dans Philosophie politique et humanisme | Commentaires (0) | Permaliens